Amazon envahie le marché de l’art

           On le sait, le marché de l’art connaît une très forte influence. De grandes entreprises commencent à s’intéresser à cet engouement pour l’art. Les œuvres d’arts sont une valeur sure d’investissement. Grâce à internet, on peut acheter des choses et d’autres et trouver de tous. Amazon est devenu en quelques années, un des premiers sites de vente en ligne (DVD, livres, vêtement, électroménager …) et vend maintenant des œuvres d’arts. Dans l’article « Amazon fine art, un nouvel outil pour les galeries ? » d’Arts Magazine écrit par Laura Heurteloup en octobre 2013, la journaliste soulève un thème intéressant, la vente d’Art rentre-t-elle également dans le moule du commerce électronique ? Pour appuyer son sujet Laura Heurteloup a interviewé plusieurs galeristes et acheteurs qui ne voient pas un grand avenir dans ce type de vente impersonnel.

Dans un premier temps, la journaliste présente le concept développé par Amazon. Actuellement, uniquement les galeries américaines et des collectionneurs américains, canadiens, anglais et du Pays-Bas proposent des œuvres d’arts sur le site Amazon, près de 40 000 œuvres présentées à ce jour. Il est fort possible qu’Amazon étend son marché jusqu’aux galeries européennes. Mais Amazon n’est pas le premier à faire ce type de vente en ligne. Il est donc en double concurrence avec les galeries et les autres sites internet comme ArtActif, Artspace et Unspaced. L’argumentation d’Amazon est qu’il ne cible pas le même type de clients que les galeries. Il vise une clientèle d’amateur qui n’a pas par forcement la possibilité de se déplacer dans une galerie ou des personnes qui n’osent pas y aller directement. Le site met à leur disposition un descriptif très précis sur l’œuvre sélectionnée, afin de rassurer son acheteur. Internet est un outil accessible à tout moment et pour tout le monde. Ainsi, en quelques cliques, on peut trouver des œuvres qui rentrent dans nos critères, comme par exemple le sujet, le type d’œuvre, le style et le prix …

Comme l’explique l’auteur, un des freins rencontré sur cette dématérialisation de l’art est le doute sur l’origine des œuvres. La qualité et l’estimation de l’œuvre sont également des questions très importantes lorsqu’on veut acquérir un travail d’artiste. Laura Heuteloup, nous indique que Sam, un potentiel acheteur sur Amazon, a demandé à dialoguer par messagerie directement avec le propriétaire, pour acheter une lithographie Red Shoe d’Andy Warhol par la galerie Halilton Selway Fine Art annonçait celle-ci à 15 205 dollars. Celui-ci lui certifiait que « Cette œuvre a été identifiée et approuvée par la Fondation Andy Warhol ». Le client ne peut accéder à aucun document officiel sur le site. Aux vues des sommes importantes pouvant être déboursées les acheteurs veulent être certains de son investissement. Lorsqu’il s’agit d’une œuvre réalisée par un artiste célèbre, il est délicat d’acheter une œuvre en ligne. Il est indiqué dans l’article que 90% des clients souhaitent avoir l’œuvre sous leurs yeux.

L’auteur conclut son article par une question ouverte : L’œuvre d’art va-t-elle ou non devenir un produit de consommation ? Le site E-marketing définit un produit de consommation comme : « Produit dont la durée de vie est courte et les occasions de consommation fréquentes (épicerie, crémerie, frais, liquides, entretien, hygiène…). Son prix est généralement bas et il est de plus en plus conditionné et emballé pour être vendu à l’unité, en libre-service. Compte tenu du rythme de renouvellement des achats, il génère un fort taux de rotation pour le distributeur. » Actuellement les œuvres proposées par les galeries, ne répondent pas à cette définition. Ce qui définit une œuvre c’est qu’elle est unique et qu’elle a sa propre histoire. Mais l’accessibilité proposée par Amazon, ouvrira-t-elle un nouveau marché et une nouvelle manière d’aborder ou d’acheter une œuvre d’art ? Les galeries interviewées dans l’article ne semblent pas y croire. Le contact humain et le rapport physique avec l’œuvre restent des critères essentiels pour les acheteurs, indique Vincent Sator, Collectionneur.

L’article, présente des sites internet où il est mit en ligne des expositions virtuels où galeristes, artistes et acheteurs peuvent participer. Ce sont de nouveaux outils qui permettent aux artistes contemporains de se faire connaître et de gérer leurs propres productions. Il n’y a plus aucun déplacement tout ce fait virtuellement. On peut mettre un lien vers Google art, et voir les détails d’une œuvre comme si on la regardait et parfois encore mieux. Ainsi, on remarque un vrai développement depuis quelques années de l’accessibilité de l’art et de la culture sur internet, sans pour autant constater une diminution de la fréquentation des musées et des galeries.

Un des atouts d’Amazon, en quelques minutes, on peut acheter une œuvre d’art. Il suffit simplement de créer un compte Amazon et ensuite de payer, ainsi quelques jours après, on peut recevoir l’œuvre en question.

Avec cet article, l’auteur ouvre notre réflexion sur un sujet qui partage le monde en ce moment : « Ces nouveaux outils peuvent-ils être un atout pour les galeristes ? » ou : « L’œuvre d’art risque-t-elle de devenir un produit de consommation comme les autres ? ».

L’article permet de voir le point de vue d’un client et nous indique les bonnes questions à poser. L’auteur s’est focalisé sur les avis des galeristes mais il aurait été aussi intéressant d’expliquer les raisons d’Amazon. Le site internet a pour but de créer une sorte de réseaux de galeries de toute taille qui permet au client d’accéder directement aux œuvres. Les galeries qui n’avaient pas de site d’internet peuvent ainsi vendre leur produit à une nouvelle clientèle. De ce point de vue, Amazon serait donc un outil pour les galeries et non un rival. Pour cet article, il aurait été souhaitable de mettre à disposition des lecteurs, les chiffres de ventes d’œuvres d’art d’Amazon pour se rendre compte de la montée de ce nouveau phénomène. En 2010, Amazon avait déjà tenté l’expérience de mettre des œuvres en ligne avec Sotheby’s mais après six mois, le site a fermé car les ventes n’avaient pas progressé.

Il faut ajouter qu’Amazon Art est déjà une des plus importantes collections en ligne d’originaux et d’œuvres d’édition limitée. En 2013, Amazon a su mettre en valeur son site même s’il reste encore des questions sur le retour des œuvres qui ne semble pas négligeable. Amazon a appris de ses erreurs et ainsi se démarque des autres sites de vente en ligne d’œuvres d’arts.

J.G


Sources :

http://www.amazon.com/b?ie=UTF8&node=6685269011
http://lauraheurteloup.com/2013/10/15/arts-magazine-n80-octobre-2013-amazon-artopus-delits-show/
http://www.slate.fr/story/76388/amazon-art

 

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